La colère d’Azel #4
Un matin sombre de décembre froid
Azel est fièvre-grippé dans son lit.
Vient un tout petit oiseau bleu.
– Pourquoi es-tu en colère ?
Azel ne répond pas. Cherche en lui mais ne trouve pas.
Il y a tant de noir à l’intérieur, il n’y voit rien.
Le lendemain le tout petit oiseau bleu est à nouveau là.
– Pourquoi es-tu en colère ?
– Chaque soir à la maison ce sont des cris, des pleurs
ou le silence si épais que je voudrais cogner dedans.
J’entends des mots plus gros que les gros mots que je dois pas dire.
Je suis plein de cris. Ils me débordent.
Le tout petit oiseau s’envole.
Le lendemain le tout petit oiseau bleu est à nouveau là.
– Pourquoi es-tu si triste ?
– Tout est noir même quand il fait jour.
Je suis fatigué… il n’y a pas de repos dans les cris.
Je voudrais que ça s’arrête. Je sais pas comment faire.
C’est la fièvre qui fait parler Azel.
– Avant il y avait Mamé. Elle venait me voir. Elle m’emmenait chez elle.
Mamé, elle disait Pouh Pouh Pouh ça va bien vos histoires à nous gâchez la vie !
Le petit, il n’a pas à entendre ça. Aller on s’en va !!!
A nous deux on repoussait les cris.
Le tout petit oiseau bleu gigote un peu, penche la tête
ouvre ses ailes puis les referme.
Il vient s’installer au plus près de l’oreille d’Azel
dans les boucles de ses cheveux
il gazouille des notes blanches et bleues au cœur du noir.
Un temps infini s’écoule.
Azel perçoit des bruits de voix lointaines derrière la porte de sa chambre
comme des cris chuchotés, avalés par les gazouillis bleus.
Azel dort longtemps. Si longtemps que le médecin veut prescrire des examens.
